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Calcul des heures supplémentaires : méthode et exemples 2026

Seuil de déclenchement, majorations, salariés à 39 heures, repos compensateur, réduction de cotisations et exonération d’impôt : la méthode de calcul pas à pas, avec des exemples chiffrés.

14 février 2024Mis a jour le 14 octobre 2026par Équipe Kammi
Calcul des heures supplémentaires : méthode et exemples 2026

Calculer des heures supplémentaires, c’est répondre à trois questions dans l’ordre : combien d’heures dépassent le seuil, à quel taux les majorer, et comment les traiter en paie. Une heure supplémentaire est une heure de travail effectif accomplie au-delà de 35 heures dans la semaine ; à défaut d’accord, elle est majorée de 25 % jusqu’à la 43e heure, puis de 50 %.

Ce guide détaille la méthode de calcul pour un salarié à temps complet dont la durée du travail est décomptée à la semaine. Pour les règles générales (qui décide, limites, contingent, preuve), voir notre guide des heures supplémentaires en 2026.

Étape 1 : compter les heures au-delà de 35 heures

Les heures supplémentaires se décomptent par semaine, du lundi 0 heure au dimanche 24 heures, sauf si un accord fixe une autre période de sept jours consécutifs (articles L3121-29 et L3121-35 du Code du travail). On ne compense pas une semaine de 40 heures par une semaine de 30 heures, sauf aménagement du temps de travail sur plusieurs semaines ou sur l’année.

  • Le travail effectif : le temps pendant lequel le salarié est à la disposition de l’employeur et se conforme à ses directives, sans pouvoir vaquer librement à ses occupations. Les pauses n’en font pas partie, sauf si ces critères sont réunis ou si une disposition plus favorable les prend en compte. Le temps d’intervention pendant une astreinte en fait partie, mais pas la période d’astreinte elle-même.
  • Congés payés : lorsque la durée du travail est décomptée à la semaine, les jours de congés payés pris dans la semaine comptent pour le seuil des 35 heures (Cass. soc., 10 septembre 2025, n° 23-14.455).
  • Jour férié chômé : sauf accord ou usage plus favorable, les heures non travaillées ce jour-là ne comptent pas pour le seuil.
  • Horaire collectif inférieur à 35 heures : les heures entre cet horaire et 35 heures sont payées au taux normal, sans majoration, sauf convention plus favorable.

Ne sont pas concernés : les salariés en forfait jours, les cadres dirigeants et les salariés à temps partiel, qui effectuent des heures complémentaires.

Étape 2 : appliquer le bon taux de majoration

Commencez par vérifier l’accord d’entreprise ou, à défaut, l’accord de branche : il peut fixer un autre taux, sans descendre sous 10 % (article L3121-33). À défaut d’accord, les taux sont les suivants (article L3121-36) :

Heures de la semaineMajoration à défaut d’accordValeur d’une heure à 20 € brut
De la 36e à la 43e heure (8 premières heures)25 %25 €
À partir de la 44e heure50 %30 €

La formule : heure supplémentaire payée = taux horaire brut × (1 + taux de majoration). À 20 € de l’heure, la majoration seule vaut 20 × 25 % = 5 €, et l’heure majorée 25 €.

Trouver le taux horaire. Pour un salarié à 35 heures, divisez le salaire brut mensuel par 151,67 heures : 2 000 € ÷ 151,67 = 13,19 € de l’heure (arrondi). Le salaire à retenir comprend le salaire de base, les avantages en nature et les primes qui sont la contrepartie directe du travail ; les remboursements de frais en sont exclus (Code du travail numérique). Ne divisez pas un brut qui contient déjà des heures supplémentaires : si le salaire rémunère 35 heures plus 4 heures supplémentaires hebdomadaires majorées à 25 %, le taux horaire s’obtient par brut mensuel ÷ (151,67 + 17,33 × 1,25), soit ÷ 173,33.

Trois exemples, à défaut d’accord

Salarié payé 20 € brut de l’heure. Comptez les durées en heures décimales : 2 h 30 = 2,5 heures, et non 2,30.

  • 38 heures : 3 heures à 25 % = 3 × 25 € = 75 € brut, dont 15 € de majoration.
  • 43 heures : 8 heures à 25 % = 8 × 25 € = 200 € brut.
  • 46 heures : 8 heures à 25 % (200 €) + 3 heures à 50 % (3 × 30 € = 90 €) = 290 € brut.

Au Smic, 12,31 € brut de l’heure depuis le 1er juin 2026 (Service-public.fr), une heure majorée à 25 % vaut 15,39 € brut et une heure à 50 % vaut 18,47 € brut (arrondis au centime).

Du calcul hebdomadaire au bulletin mensuel

Additionnez les montants calculés semaine par semaine, en distinguant les taux. Une semaine à cheval sur deux mois reste entière pour le décompte : le paiement de ses heures supplémentaires est reporté sur la fiche de paie suivante (Service-public.fr).

Le cas des salariés à 39 heures

Dans le décompte hebdomadaire présenté ici, sans dispositif de RTT ramenant la durée moyenne à 35 heures, un salarié mensualisé qui travaille 39 heures chaque semaine effectue 4 heures supplémentaires structurelles par semaine. Sur le bulletin, elles sont mensualisées :

  • heures normales : 35 × 52 ÷ 12 = 151,67 heures par mois ;
  • heures supplémentaires : 4 × 52 ÷ 12 = 17,33 heures par mois, majorées de 25 % à défaut d’accord.

À 20 € de l’heure : 151,67 × 20 = 3 033,40 €, plus 17,33 × 25 = 433,25 €, soit 3 466,65 € brut par mois avec ces volumes arrondis au centième (3 466,67 € si l’on conserve toutes les décimales : la convention d’arrondi dépend du logiciel de paie). Les heures effectuées au-delà de 39 heures une semaine donnée s’ajoutent, en continuant le décompte à partir de la 40e heure.

Remplacer le paiement par du repos

Un accord collectif peut remplacer tout ou partie du paiement des heures supplémentaires et de leurs majorations par un repos compensateur de remplacement (L3121-33). Dans une entreprise sans délégué syndical, l’employeur peut le mettre en place si le CSE, s’il existe, ne s’y oppose pas (L3121-37). Le repos est équivalent au paiement. Lorsqu’il remplace intégralement l’heure et sa majoration :

  • une heure majorée à 25 % donne 1 h 15 de repos ;
  • une heure majorée à 50 % donne 1 h 30 de repos.

Si seule la majoration est remplacée, l’heure reste payée et le repos est de 15 minutes (25 %) ou de 30 minutes (50 %).

Exemple : 6 heures supplémentaires à 25 % ouvrent droit à 6 × 1,25 = 7,5 heures, soit 7 h 30 de repos. À ne pas confondre avec la contrepartie obligatoire en repos, due en plus des majorations pour les heures au-delà du contingent annuel (220 heures à défaut d’accord) : voir notre article sur le repos compensateur obligatoire.

Étape 3 : cotisations et impôt sur le revenu

  • Réduction de cotisations salariales : les cotisations salariales d’assurance vieillesse dues sur la rémunération des heures supplémentaires sont réduites, dans la limite de 11,31 % (article L241-17 du Code de la sécurité sociale et D241-21).
  • Exonération d’impôt sur le revenu : la rémunération des heures supplémentaires est exonérée dans la limite annuelle de 7 500 € de rémunération nette imposable, et non brute, pour les revenus 2026 (article 81 quater du Code général des impôts ; Service-public.fr). Elle reste soumise à la CSG et à la CRDS.
  • Déduction patronale : les employeurs éligibles bénéficient d’une déduction forfaitaire de 1,50 € par heure sous 20 salariés, et de 0,50 € par heure à partir de 20 salariés depuis le 1er janvier 2026 (L241-18 et L241-18-1 du Code de la sécurité sociale).

Exemple. Pour les 46 heures ci-dessus (290 € brut pour 11 heures supplémentaires), la réduction de cotisations salariales peut atteindre 290 × 11,31 % = 32,80 €, dans la limite des cotisations d’assurance vieillesse réellement dues. L’employeur d’une entreprise de moins de 20 salariés déduit 11 × 1,50 € = 16,50 € de ses cotisations.

Les erreurs de calcul les plus fréquentes

  • Calculer les heures sur le mois au lieu de la semaine.
  • Sans accord fixant d’autres taux, continuer à appliquer 25 % après les huit premières heures supplémentaires.
  • Oublier l’accord collectif, qui peut prévoir un autre taux.
  • Exclure les congés payés pris dans la semaine du décompte.
  • Confondre repos compensateur de remplacement et contrepartie obligatoire en repos.

Pour vos propres cas, utilisez notre calculateur d’heures supplémentaires. Un logiciel de suivi des heures applique automatiquement les seuils, les taux de l’accord et les compteurs de repos, puis transmet les heures à la paie.

Questions fréquentes

Comment calculer une heure supplémentaire majorée à 25 % ?

Multipliez le taux horaire brut par 1,25. À 15 € de l’heure, une heure supplémentaire vaut 18,75 € brut.

Les heures supplémentaires se calculent-elles au mois ?

En principe, à la semaine. Un aménagement du temps de travail sur plusieurs semaines ou sur l’année peut prévoir un décompte sur une période plus longue, avec éventuellement des heures payées dès le dépassement d’un seuil hebdomadaire. Certains de ces dispositifs peuvent être mis en place sans accord collectif.

Un salarié à temps partiel peut-il faire des heures supplémentaires ?

Non : les heures au-delà de la durée prévue au contrat sont des heures complémentaires, avec leur propre régime de majoration.

Sources et références

Code du travail, Légifrance : articles L3121-29, L3121-33, L3121-36 et L3121-37 ; Code de la sécurité sociale : articles L241-17, L241-18 et L241-18-1 ; Code général des impôts : article 81 quater

Service-public.fr : Heures supplémentaires d’un salarié du secteur privé ; Heures supplémentaires : impôt sur le revenu ; Smic

Code du travail numérique, Heures supplémentaires

Cour de cassation, chambre sociale, 10 septembre 2025, n° 23-14.455

ÉK
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