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Réforme CPF 2026 : reste à charge, plafonds et rôle de l’employeur

Participation de 150 €, plafonds de financement, permis de conduire, alimentation, abondements : ce qui a changé sur le CPF en 2026 et ce que l’employeur peut faire.

4 août 2025Mis a jour le 19 octobre 2026par Équipe Kammi
Réforme CPF 2026 : reste à charge, plafonds et rôle de l’employeur

Le compte personnel de formation (CPF) a beaucoup évolué depuis 2024, et encore en 2026 : reste à charge porté à 150 €, plafonds par type de formation, conditions resserrées pour le permis de conduire. Le CPF est un compte en euros, attaché à la personne, qui finance des formations éligibles tout au long de la vie active.

Ce guide fait le point sur les règles applicables en octobre 2026 pour les salariés du secteur privé, et sur ce que l’employeur peut faire.

Ce qui a changé en 2026. La loi de finances pour 2026 a modifié les formations éligibles. Depuis le 26 février, des plafonds limitent les droits mobilisables pour certaines formations ; depuis le 2 avril, la participation du titulaire est de 150 € ; depuis le 27 juin, une certification ou un bloc de compétences déjà obtenu ne peut plus être financé une seconde fois, sauf certification en langue. À suivre : le projet de loi de finances pour 2027 prévoit une nouvelle majoration de la participation, y compris pour certaines demandes validées à partir du 2 octobre 2026. Au 11 octobre 2026, cette mesure reste proposée ; son application dépendra du texte définitivement publié (Service-public.fr).

Comment le CPF est-il alimenté ?

  • 500 € par an pour un salarié qui travaille au moins à mi-temps, dans la limite de 5 000 € (article L6323-11). En dessous d’un mi-temps, le montant est proportionnel au temps de travail.
  • 800 € par an, dans la limite de 8 000 €, pour un salarié qui n’a pas atteint le niveau 3 de qualification (CAP, BEP ou titre professionnel équivalent) ni ne détient de certification reconnue par une convention collective nationale de branche, et qui travaille au moins à mi-temps, après avoir déclaré sa situation sur la plateforme (article L6323-11-1, article R6323-3-1).
  • Majoration de 300 € par an, dans la limite de 8 000 €, pour un salarié bénéficiaire de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés (article D6323-3-3).
  • Les droits d’une année sont crédités au plus tard le 15 juin de l’année suivante. Ils restent acquis en cas de changement d’employeur ou de perte d’emploi.
  • Certains congés comptent pour l’alimentation : maternité, paternité, adoption, congé parental, présence parentale, proche aidant, accident du travail ou maladie professionnelle.

Participation forfaitaire CPF : 150 € depuis avril 2026

Depuis le 2 mai 2024 (décret n° 2024-394 du 29 avril 2024), le titulaire participe au financement de chaque formation (article L6323-4). Pour les demandes de souscription faites depuis le 2 avril 2026, elle est de 150 € (article R6323, décret n° 2026-234 du 30 mars 2026). Du 1er janvier au 1er avril 2026, elle était de 103,20 € (arrêté du 30 décembre 2025).

Elle n’est pas due par les demandeurs d’emploi, ni lorsque l’employeur abonde le compte pour financer la formation (article L6323-7), ni lorsque le titulaire mobilise son compte professionnel de prévention ou l’abondement lié à une incapacité permanente après un accident du travail ou une maladie professionnelle. L’employeur ou l’opérateur de compétences peut aussi la prendre en charge (article R6323). Un abondement de l’employeur affecté à la formation exonère donc le salarié de cette participation ; le montant total à payer peut aussi être supérieur à la participation si les droits mobilisables et les cofinancements ne couvrent pas le prix de la formation.

Les plafonds de financement depuis février 2026

Depuis le 26 février 2026, les droits mobilisables sur le CPF sont plafonnés pour certaines formations (décret n° 2026-127 du 24 février 2026) :

  • 1 500 € pour les certifications et habilitations du répertoire spécifique, hors certification CléA (socle de connaissances et de compétences) ;
  • 1 600 € pour un bilan de compétences ;
  • 900 € pour la préparation au permis de conduire du groupe léger (voiture, moto).

Ces plafonds s’appliquent aux droits issus de l’alimentation du CPF, pas au prix de la formation : au-delà, un cofinancement (employeur, OPCO, région…) peut s’y ajouter.

Quelles formations peut-on financer ?

  • les formations certifiantes : diplômes, titres professionnels, certifications inscrites aux répertoires nationaux. Depuis le 27 juin 2026, une certification ou un bloc de compétences déjà obtenu ne peut plus être financé à nouveau, sauf pour une certification en langue. Et si le titulaire ne se présente pas, sans motif légitime, aux évaluations ou épreuves de l’examen, il ne peut pas utiliser ses droits CPF pour régler cette formation, et la Caisse des dépôts lui demande le remboursement des sommes déjà utilisées pour celle-ci ; les modalités d’appréciation du motif légitime sont renvoyées à un décret (article L6323-6) ;
  • l’accompagnement à la validation des acquis de l’expérience (VAE) ;
  • le bilan de compétences, si le titulaire n’en a pas eu un financé notamment par le CPF, un OPCO, France Travail ou un fonds d’assurance formation au cours des 5 années précédant sa demande ; seules les heures d’accompagnement réalisées par le prestataire sont finançables (article D6323-6) ;
  • le socle de connaissances et de compétences (certification CléA) ;
  • les formations des bénévoles et volontaires en service civique, financées uniquement avec les droits du compte d’engagement citoyen.

Permis de conduire. Depuis la loi de finances pour 2026, un salarié ne peut financer le permis du groupe léger (voiture, moto) avec son CPF que si la préparation est cofinancée par un tiers, comme l’employeur, un OPCO ou une région (article L6323-6). Depuis le 26 février 2026, ce cofinancement doit atteindre au moins 100 € (décret n° 2026-127 du 24 février 2026). Le permis doit aussi servir le projet professionnel, et le titulaire ne doit pas faire l’objet d’une suspension ou d’une interdiction de permis ; sauf exception, il ne doit pas déjà détenir un permis valide. Les permis du groupe lourd restent finançables sans cofinancement ; les demandeurs d’emploi ne sont pas soumis à la condition de cofinancement (Service-public.fr).

La plateforme Mon Compte Formation

  • Consultation des droits : sur moncompteformation.gouv.fr ou l’application, avec le numéro de sécurité sociale.
  • Inscription à une formation : elle exige une connexion renforcée FranceConnect+, par exemple avec l’identité numérique La Poste ; une solution de remplacement existe pour ceux qui ne peuvent pas l’utiliser.
  • Fraude : le CPF ne peut pas être cédé ni « donné » à un tiers. Toute sollicitation qui propose d’utiliser vos droits contre un cadeau ou de l’argent doit être signalée sur la plateforme.

Ce que l’employeur doit et peut faire

Répondre aux demandes sur le temps de travail

Si la formation se déroule hors temps de travail, le salarié n’a pas à demander l’accord de l’employeur. Si elle a lieu pendant le temps de travail, il demande une autorisation d’absence au moins 60 jours avant le début de la formation, 120 jours si elle dure 6 mois ou plus. L’employeur répond dans les 30 jours ; sans réponse, la demande est acceptée (Service-public.fr).

Ne jamais imposer le CPF

L’utilisation du CPF relève de la seule initiative du salarié : l’employeur ne peut pas l’imposer pour financer une formation, et un refus ne constitue pas une faute.

Abonder et cofinancer

L’employeur peut compléter le financement quand le coût dépasse les droits du salarié (article L6323-4). Un accord collectif peut aussi prévoir une alimentation plus favorable ou une liste de formations que l’entreprise s’engage à cofinancer (article L6323-11).

Éviter l’abondement correctif

Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’employeur doit abonder de 3 000 € le CPF d’un salarié qui n’a pas bénéficié, sur huit ans, des entretiens de parcours professionnel prévus et d’au moins une formation non obligatoire (article R6323-3, article L6323-13). L’entretien de parcours professionnel est aussi le moment d’informer le salarié sur l’activation de son CPF et sur les abondements possibles.

Pour articuler le CPF avec le plan de développement des compétences, voir notre guide de la formation continue en entreprise. Un outil de gestion des formations garde la trace des demandes et des financements.

Questions fréquentes

Le CPF disparaît-il en cas de changement d’emploi ?

Non. Le compte est attaché à la personne : les droits sont conservés en cas de démission, de licenciement, de rupture conventionnelle ou de passage dans la fonction publique.

Qu’est-ce qui a changé sur le CPF en 2026 ?

Le reste à charge est passé à 150 € pour les demandes faites depuis le 2 avril, des plafonds limitent les droits utilisables pour le répertoire spécifique, le bilan de compétences et le permis de conduire, le permis voiture exige, pour un titulaire qui n’est pas demandeur d’emploi, un cofinancement d’au moins 100 €, et une certification ou un bloc déjà obtenu ne peut plus être refinancé, sauf certification en langue.

Faut-il payer le reste à charge pour un bilan de compétences ?

Oui, en principe, sauf exonération (demandeur d’emploi, abondement de l’employeur pour cette formation, compte professionnel de prévention). Les droits mobilisables pour un bilan sont en outre plafonnés à 1 600 €.

Sources et références

Code du travail, Légifrance : articles L6323-4, L6323-6, L6323-7, R6323, R6323-3-1, D6323-3-3, R6323-3, D6323-6, L6323-11, L6323-11-1 et L6323-13 ; décret n° 2024-394 du 29 avril 2024 ; arrêté du 30 décembre 2025 ; décret n° 2026-127 du 24 février 2026 (plafonds) ; décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 (participation de 150 €)

Service-public.fr, Compte personnel de formation (CPF) d’un salarié du secteur privé (vérifié le 27 juin 2026)

ÉK
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