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Annuaire complet des coffres-forts numériques

Annuaire des coffres-forts numériques pour les bulletins de paie et les documents RH : cadre légal, critères de choix, dix éditeurs présents en France, FAQ.

Mis à jour en septembre 2026. Fiches éditeurs actualisées (PeopleDoc fait partie d’UKG, le coffre-fort de Silae s’appelle eDocPerso, Primobox a rejoint Septeo) et quatre éditeurs ajoutés. Le cadre légal du bulletin de paie électronique et du coffre-fort numérique est précisé, avec la norme NF Z42-020 révisée en août 2025.

Cet annuaire recense les principaux éditeurs de coffres-forts numériques utilisés en France pour distribuer et conserver les bulletins de paie et les documents RH. Il rappelle d’abord ce que la loi impose à l’employeur, puis les critères qui distinguent réellement les offres.

La dématérialisation du bulletin de paie est autorisée depuis 2017 et s’est généralisée. Le coffre-fort numérique en est la contrepartie : un espace personnel, alimenté par l’employeur, dans lequel le salarié retrouve ses bulletins et ses documents pendant des décennies, y compris après avoir quitté l’entreprise.

Ce que dit la loi

Le bulletin de paie électronique

L’article L3243-2 du Code du travail autorise l’employeur à remettre le bulletin de paie sous forme électronique, sauf opposition du salarié. Les conditions sont fixées par décret :

  • Information préalable
    • Le salarié est informé de son droit de s’y opposer un mois avant la première émission électronique, ou au moment de l’embauche. L’information est donnée par un moyen conférant date certaine (article D3243-7).
  • Opposition à tout moment
    • Le salarié peut refuser avant ou après la première émission. Sa demande prend effet au plus tard trois mois après notification.
  • Disponibilité garantie
    • L’employeur garantit l’accès au bulletin pendant 50 ans, ou jusqu’aux 75 ans du salarié (article D3243-8, qui renvoie à l’âge de 69 ans de l’article L1237-5, augmenté de six ans).
  • Récupération
    • Le salarié doit pouvoir récupérer à tout moment l’intégralité de ses bulletins, sans manipulation complexe, dans un format électronique structuré et couramment utilisé. En cas de fermeture du service, les utilisateurs sont prévenus au moins trois mois avant.

Cette durée de disponibilité ne se confond pas avec l’obligation de conservation de l’employeur : celui-ci garde un double des bulletins pendant cinq ans (article L3243-4), comme les autres pièces du dossier du salarié soumises à une durée de conservation. Le coffre-fort numérique répond à la première obligation, le système d’archivage de l’entreprise à la seconde.

La définition légale du coffre-fort numérique

Depuis la loi pour une République numérique de 2016, le service de coffre-fort numérique est défini à l’article L103 du Code des postes et des communications électroniques. Il doit assurer la réception, le stockage, la suppression et la transmission des documents dans des conditions qui justifient leur intégrité et leur origine. Il garantit aussi la traçabilité des opérations, l’identification de l’utilisateur, l’accès exclusif de ce dernier à ses documents et la possibilité de tout récupérer dans un standard ouvert. Les décrets n° 2018-418 et n° 2018-853 précisent l’information due à l’utilisateur avant la souscription et les modalités de récupération des données.

Le même article prévoit une certification d’État établie par l’ANSSI. Elle n’a jamais été mise en place. La commission spéciale de l’Assemblée nationale a ajouté sa suppression au projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité. Le texte doit être examiné en séance publique à partir du 7 octobre 2026. En pratique, ce sont les normes AFNOR et les certifications privées qui font référence.

Comment choisir un coffre-fort numérique

  • Normes et certifications
    • La norme NF Z42-020 décrit les fonctions minimales d’un composant coffre-fort numérique (dépôt, lecture, journal, restitution, contrôle d’intégrité). Sa version révisée date d’août 2025 et remplace celle de 2012. La certification qui atteste la conformité d’un produit est la NF 203 CCFN, délivrée par AFNOR Certification. La NF 461 couvre le système d’archivage électronique dans son ensemble, la NF Z42-025 la dématérialisation des bulletins de paie, l’ISO 27001 la sécurité de l’information.
  • Hébergement
    • Localisation des centres de données, redondance sur plusieurs sites, conformité au RGPD.
  • Gratuité et pérennité pour le salarié
    • Accès conservé après le départ de l’entreprise, sans frais, avec un espace personnel pour ses propres documents.
  • Récupération
    • Export de l’ensemble des documents en quelques clics, dans un format courant, comme l’exige l’article D3243-8.
  • Intégration
    • Dépôt automatique depuis le logiciel de paie ou le SIRH, gestion des oppositions, notification du salarié, accès via le compte personnel d’activité.

Liste des éditeurs de coffres-forts numériques

Liste non exhaustive, par ordre alphabétique. Les chiffres et certifications sont ceux publiés par les éditeurs en septembre 2026.

  • Arkevia (Cegedim)
    • Coffre-fort salarié lancé en 2011 par Cegedim SRH, aujourd’hui Cegedim Business Services. Proposé en option avec les solutions de paie Cegedim, il est présenté par l’éditeur comme agréé par la Caisse des Dépôts. Le salarié y accède avec son adresse email personnelle, indépendamment de son employeur.
  • Cecurity.com (groupe Isagri)
    • Acteur historique du coffre-fort numérique à valeur probante. Offre ePaie pour la distribution des bulletins, certifications NF 461 et ISO 27001, visa de sécurité ANSSI. Plus d’un million de coffres ouverts et 500 000 bulletins distribués chaque mois.
  • Coffreo
    • Spécialiste de la dématérialisation RH pour l’intérim et les contrats courts : signature des contrats de mission, distribution des bulletins et coffre-fort salarié. Éditeur très présent dans les agences d’emploi.
  • Digiposte (Docaposte, groupe La Poste)
    • Selon l’éditeur, 2,8 millions de salariés y reçoivent leur bulletin de paie chaque mois et plus de 7 000 entreprises y déposent des documents. Archivage 50 ans, hébergement en France, certifications NF Z42-013, ISO 9001 et ISO 27001. Le salarié dispose en plus de 5 Go gratuits pour ses documents personnels.
  • Docavie (Synap6)
    • Coffre-fort salarié édité par Synap6, entreprise à capitaux 100 % français, avec un service client à Paris et Toulouse. Documents signés numériquement, disponibles 50 ans, stockés dans deux centres de données en France métropolitaine, conformité NF 461. Financé par l’employeur, gratuit pour le collaborateur.
  • eDocPerso (Silae)
    • Coffre-fort intégré à l’écosystème Silae : les bulletins produits dans Silae Paie y sont déposés directement. 10 Go gratuits, accès gratuit et à vie pour le salarié, y compris après son départ, certification NF 203 CCFN, NF 461 et conformité NF Z42-025, hébergement en France.
  • Kammi
    • Le module Bulletin de paie dématérialisé distribue les bulletins en un clic dans le compte de chaque collaborateur, avec notification automatique. Le stockage est assuré dans un coffre-fort numérique opéré par un partenaire spécialisé, accessible au salarié après son départ. Depuis Silae, la distribution prend environ une minute.
  • Lucca Bulletins de paie (Lucca)
    • Logiciel de distribution des bulletins (anciennement Pagga) : import du fichier du logiciel de paie ou du cabinet, association automatique à chaque salarié, notification et consultation sur le web ou l’application mobile. Archivage 50 ans, édition papier possible pour les salariés opposés. Ce n’est pas un coffre-fort : seuls les bulletins sont stockés, et l’ancien salarié n’y a plus accès après son départ, selon l’éditeur.
  • Primobox (groupe Septeo)
    • Offre Demat’RH pour l’entreprise et coffre-fort myPrimobox pour le salarié : bulletins, contrats, avenants et attestations. Données hébergées en France dans des centres de données certifiés ISO 27001, membre de la Fédération des tiers de confiance du numérique.
  • UKG HR Service Delivery (ex-PeopleDoc)
    • PeopleDoc, éditeur français fondé en 2007 sous le nom de Novapost, a été racheté en 2018 par Ultimate Software, qui a fusionné avec Kronos en 2020 pour former UKG. Le coffre-fort salarié MyPeopleDoc centralise bulletins, contrats, avenants et attestations, avec un espace personnel conservé après le départ de l’entreprise.

FAQ sur les coffres-forts numériques

Qu’est-ce qu’un coffre-fort numérique ?

Un service en ligne qui reçoit, conserve et restitue des documents dans des conditions garantissant leur intégrité, leur origine et la traçabilité des opérations, avec un accès réservé à l’utilisateur. La définition figure à l’article L103 du Code des postes et des communications électroniques.

L’employeur peut-il imposer le bulletin de paie électronique ?

Il peut le mettre en place sans accord préalable, mais le salarié garde un droit d’opposition, exerçable à tout moment. L’employeur doit l’en informer un mois avant la première émission électronique ou à l’embauche, et revenir au papier dans les trois mois suivant une opposition.

Pendant combien de temps les bulletins doivent-ils rester accessibles ?

Pendant 50 ans, ou jusqu’aux 75 ans du salarié, au choix de l’employeur. Cette obligation vise la disponibilité pour le salarié. Elle s’ajoute à la conservation par l’employeur d’un double des bulletins pendant cinq ans.

Que se passe-t-il si le prestataire cesse son activité ?

Les utilisateurs doivent être prévenus au moins trois mois avant la fermeture du service, pour récupérer leurs bulletins. À tout moment, le salarié doit pouvoir télécharger l’ensemble de ses documents dans un format courant, sans manipulation complexe.

Quelles normes exiger ?

La certification NF 203 CCFN, qui atteste la conformité à la norme NF Z42-020 révisée en août 2025, la NF 461 pour l’archivage électronique et l’ISO 27001 pour la sécurité de l’information. Vérifiez aussi l’hébergement en France ou en Europe et la conformité au RGPD.

Pour distribuer vos bulletins de paie dans un coffre-fort numérique sans quitter votre SIRH, découvrez le module Bulletin de paie dématérialisé de Kammi. Voir aussi notre annuaire des logiciels de paie.

Sources et références

Code du travail, article L3243-2 (remise électronique du bulletin de paie), article D3243-7 (information et opposition du salarié) et article D3243-8 (disponibilité 50 ans, récupération, fermeture du service)

Code du travail, article L1237-5 (âge de 69 ans servant de référence) et article L3243-4 (conservation du double par l’employeur)

Code des postes et des communications électroniques, article L103 (définition du service de coffre-fort numérique) ; décret n° 2018-418 du 30 mai 2018 et décret n° 2018-853 du 5 octobre 2018

ANSSI, Le service de coffre-fort numérique ; Assemblée nationale, dossier législatif du projet de loi relatif à la résilience des infrastructures critiques et au renforcement de la cybersécurité (article 26 A du texte de la commission)

AFNOR, norme NF Z42-020, édition d’août 2025

Service-public.fr, Fiche de paie

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