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Entretiens et Évaluations9 min

Convocation à l’entretien de parcours professionnel : règles et modèle

Comment convoquer un salarié à son entretien de parcours professionnel : forme, délai, mentions utiles, information à l'embauche, gestion du refus. Avec un modèle de lettre à jour de la réforme 2025.

17 août 2026Mis a jour le 17 août 2026par Équipe Kammi

La loi ne dit presque rien de la convocation à l’entretien de parcours professionnel : ni forme imposée, ni délai légal. C’est pourtant elle qui fait la preuve, en cas de contrôle ou de contentieux, que l’employeur a bien proposé l’entretien au bon moment. Depuis la réforme du 24 octobre 2025, la convocation doit en plus refléter le nouveau vocabulaire, la nouvelle périodicité et la nature de l’entretien (première année, périodique, mi-carrière, avant 60 ans, état des lieux). Voici les règles à respecter, les bonnes pratiques et un modèle de lettre prêt à l’emploi.

L’essentiel

  • Aucune forme légale imposée, mais un écrit daté est indispensable pour prouver que l’entretien a été proposé.
  • Délai raisonnable : 15 jours à 1 mois avant l’entretien, pour laisser le salarié se préparer.
  • Mentions utiles : date, heure, lieu ou lien de visioconférence, interlocuteur, nature et objet de l’entretien, rappel qu’il ne porte pas sur l’évaluation, invitation à préparer.
  • Le salarié est informé dès l’embauche qu’il bénéficiera d’un entretien de parcours professionnel dans l’année.
  • Le salarié peut refuser ; l’employeur doit conserver la trace de la proposition et du refus.

Ce que dit (et ne dit pas) la loi

L’article L6315-1 du Code du travail impose l’entretien, son contenu, sa tenue sur le temps de travail et la remise d’une copie du compte rendu. Il ajoute une obligation souvent oubliée : à l’embauche, le salarié est informé qu’il bénéficie d’un entretien de parcours professionnel (dans l’année, puis tous les 4 ans). Il ne dit rien de la manière de convoquer.

Deux conséquences. D’abord, la liberté de forme : courrier, remise en main propre, email, notification depuis un SIRH, tout est admis. Ensuite, la charge de la preuve pèse sur l’employeur : c’est lui qui devra démontrer, lors de l’état des lieux à 8 ans ou devant le conseil de prud’hommes, que l’entretien a été proposé à la bonne échéance. D’où l’intérêt d’un écrit daté, conservé, et d’un accusé de réception ou d’une trace de lecture.

Un accord d’entreprise ou de branche peut prévoir des modalités précises (délai, forme). Vérifiez le vôtre : jusqu’au 1er octobre 2026, les accords sur les entretiens professionnels continuent de s’appliquer.

Quand convoquer ?

Le délai de prévenance

Aucun délai légal. La pratique et la jurisprudence relative aux entretiens en général convergent vers un délai raisonnable permettant au salarié de se préparer : 15 jours minimum, un mois de préférence. Un entretien imposé la veille pour le lendemain serait difficile à qualifier de véritable échange sur le parcours. À l’inverse, une convocation trop lointaine s’oublie ; au-delà de six semaines, prévoyez un rappel.

Anticiper les échéances

La convocation se cale sur le calendrier des entretiens obligatoires : dans l’année suivant l’embauche, tous les 4 ans à compter du dernier entretien, au retour d’une absence longue (sauf entretien dans les 12 mois précédents), dans les 2 mois suivant la visite médicale de mi-carrière, dans les 2 ans précédant le 60e anniversaire, et tous les 8 ans pour l’état des lieux récapitulatif. Convoquer un à deux mois avant la date butoir laisse la marge nécessaire en cas d’absence ou de report. Le calculateur d’échéances de notre article sur l’état des lieux vous donne ces dates salarié par salarié.

Cas particulier : la mi-carrière

Le délai de 2 mois après la visite médicale est court. Le plus sûr est de convoquer à l’entretien dès que la convocation à la visite est connue, en fixant l’entretien deux à quatre semaines après la date de la visite.

Que doit contenir la convocation ?

Rien n’est imposé, mais une convocation complète évite les malentendus et prépare un entretien utile. Mentionnez :

  • la date, l’heure et la durée prévue (une heure est un bon ordre de grandeur), sur le temps de travail ;
  • le lieu, ou le lien et les modalités de la visioconférence ;
  • le nom et la fonction de la personne qui conduira l’entretien ;
  • la nature de l’entretien : entretien de parcours professionnel de première année, périodique, de reprise, de mi-carrière, avant 60 ans, ou état des lieux récapitulatif ;
  • l’objet : compétences et qualifications, situation et parcours, besoins de formation, souhaits d’évolution, information sur le CPF et le conseil en évolution professionnelle ; et, selon le cas, mesures préconisées par le médecin du travail ou aménagements de fin de carrière ;
  • le rappel que l’entretien ne porte pas sur l’évaluation du travail et se distingue de l’entretien annuel ;
  • une invitation à préparer l’entretien, éventuellement avec la trame jointe ou un lien vers le formulaire de préparation ;
  • la possibilité de demander un report en cas d’empêchement, et à qui s’adresser.

Joindre la trame que vous utiliserez (voir notre modèle d’entretien de parcours professionnel) est une bonne pratique : le salarié arrive avec ses réponses, l’entretien gagne en profondeur.

Modèle de lettre de convocation

Notre modèle de lettre, au format PDF et fourni par Kammi, reprend l’ensemble de ces mentions : en-tête, objet, date, heure et lieu (ou visioconférence), interlocuteur, rappel de l’article L6315-1 et des cinq thématiques, mention « ne porte pas sur l’évaluation du travail », invitation à préparer avec la trame jointe, possibilité de report, décharge de remise en main propre. Il contient les variantes selon la nature de l’entretien (première année, périodique, reprise, mi-carrière, avant 60 ans, état des lieux) et la phrase d’information à l’embauche à insérer dans le livret d’accueil. Il fonctionne aussi bien pour un courrier remis contre décharge que pour un email avec accusé de lecture.

Recevoir le modèle de lettre de convocation

Lettre de convocation à l’entretien de parcours professionnel au format PDF, avec les variantes mi-carrière, avant 60 ans et état des lieux. Fourni par Kammi, gratuit.

  • Lettre complète : en-tête, objet, date, lieu ou visioconférence, interlocuteur
  • Rappel légal (article L6315-1) et des 5 thématiques abordées
  • Variantes : première année, périodique, reprise, mi-carrière, avant 60 ans, état des lieux
  • Mention « ne porte pas sur l’évaluation du travail » et invitation à préparer
  • Décharge de remise en main propre
  • Phrase d’information à l’embauche pour le livret d’accueil

Nous ne partagerons jamais votre email. Vous pourrez vous désinscrire à tout moment.

L’information à l’embauche

La loi prévoit que le salarié est informé, dès son embauche, qu’il bénéficiera d’un entretien de parcours professionnel. Cette information s’intègre naturellement dans le livret d’accueil, la lettre d’engagement ou le parcours d’intégration. Une phrase suffit : « Conformément à l’article L6315-1 du Code du travail, vous bénéficierez d’un entretien de parcours professionnel dans l’année suivant votre embauche, puis tous les quatre ans. Cet entretien, distinct de l’entretien d’évaluation, est consacré à vos perspectives d’évolution professionnelle. » Gardez-en la trace (accusé de réception du livret, signature de la lettre).

Le salarié refuse ou ne se présente pas

L’entretien de parcours professionnel est un droit du salarié et une obligation de l’employeur, pas l’inverse : le salarié peut refuser d’y participer et ne peut être sanctionné pour cela. En revanche, l’employeur doit pouvoir démontrer qu’il a rempli sa part. La marche à suivre :

  1. Convocation écrite datée, avec preuve de remise (décharge, accusé de réception, trace de lecture).
  2. En cas d’absence ou de refus, seconde proposition écrite à une autre date, avec la même traçabilité.
  3. Consigner le refus : un écrit du salarié si possible, sinon un courrier de l’employeur prenant acte du refus, classé au dossier.
  4. Reprogrammer au cycle suivant, sans attendre 4 ans : proposer à nouveau l’entretien l’année suivante limite le risque.

Ce dossier suffit, en pratique, à écarter le manquement lors de l’état des lieux ou devant les prud’hommes.

Automatiser les convocations

Convoquer à la main fonctionne pour une petite équipe. À partir de quelques dizaines de salariés, avec des échéances individuelles à 1, 4 et 8 ans, plus les cas mi-carrière et 60 ans, le risque d’oubli devient réel. Un module Entretiens intégré au SIRH génère les campagnes à partir des dates de chaque salarié, envoie les convocations et les rappels, horodate l’envoi et la lecture, met le formulaire de préparation à disposition du salarié, puis archive le compte rendu signé. La preuve se constitue toute seule.

Questions fréquentes

La convocation à l’entretien de parcours professionnel doit-elle être envoyée en recommandé ?

Non. Aucune forme n’est imposée. Un email avec accusé de lecture, une remise en main propre contre décharge ou une notification SIRH horodatée suffisent, l’important étant de pouvoir prouver la date de la proposition.

Quel délai respecter entre la convocation et l’entretien ?

La loi ne fixe pas de délai. Un délai raisonnable de 15 jours à un mois est recommandé pour permettre au salarié de se préparer, sauf disposition différente d’un accord collectif.

Peut-on convoquer en même temps à l’entretien annuel et à l’entretien de parcours professionnel ?

Oui, à condition que la convocation distingue clairement les deux entretiens, leurs objets et leurs supports, et que deux comptes rendus séparés soient établis.

Le salarié peut-il être sanctionné s’il refuse l’entretien ?

Non. L’entretien est une obligation de l’employeur et un droit du salarié. L’employeur doit simplement conserver la preuve de la proposition et du refus.

Faut-il convoquer pour l’entretien de reprise après un congé parental ?

Oui, l’entretien doit être proposé au retour, sauf si le salarié a bénéficié d’un entretien dans les 12 mois précédant sa reprise. La convocation peut être remise dès le retour, pour un entretien dans les semaines qui suivent.

À retenir

La convocation n’a pas de forme légale, mais elle est la première pièce du dossier de conformité : écrite, datée, avec preuve de remise, envoyée deux à quatre semaines avant l’entretien, précisant sa nature et son objet. Ajoutez l’information à l’embauche et la gestion tracée des refus, et vous couvrez l’essentiel du risque, quel que soit l’outil utilisé.

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